Exposition Printemps 2019

Du 31 mars au 2 juin 2019

Daniel Pontoreau

Daniel Pontoreau

Daniel Pontoreau porte une très grande attention à ses accrochages. Ainsi, profitant de l’espace vacant entre deux expositions, il est venu essayer quelques pièces in situ pour voir la manière dont les choses existaient dans les grandes nefs des anciennes écuries. Au-delà des sculptures elles-mêmes, c’est tout l’espace qui est à considérer, l’air entre les choses, le blanc sur les murs entre les objets, les vides. À partir d’un vocabulaire minimal, essentiel, souvent rudimentaire, l’artiste façonne une cosmogonie complexe, d’une grande charge poétique et d’une profonde singularité. C’est dans ce monde qu’il nous proposera de déambuler à Kerguéhennec : « Comme Henri Michaux, je voudrais pouvoir dessiner les effluves qui circulent entre les personnes. Je m’intéresse aux concepts, aux signes, qui peuvent être perçus par les hommes de toutes les cultures. Il y a un langage des formes qui parle à tous. »

Michel Mousseau

Territoire des origines

Michel Mousseau se consacre essentiellement à la peinture qu’il élabore à l’atelier. Il développe égale-ment un travail de dessin sur le motif, dans lequel il s’attache à extraire la substance profonde du paysage. Durant ses trois mois de résidence à Kerguéhennec, l’artiste a arpenté le site, s’est arrêté en certains endroits pour travailler. 102 dessins à la mine de plomb, tous de même format, datés, nous donnent à voir la chronologie du développement de sa recherche alors que se dessine une cartographie singulière de ses arpentages. « Il ne s’agit pas de décrire le paysage mais de transmettre la nature particulière du Domaine, à la fois so-lennelle et agricole. Le sujet, c’est l’incarnation formelle de mon sentiment de la nature face à cet univers. Arpenter le lieu, s’immerger. Aux aguets, l’œil voit et, sur le papier, la main transcrit des extraits du territoire. Ainsi s’impose le dessin », nous dit Michel Mousseau.

La Maison

A travers champs

Membres du collectif La Maison, Jean-Marie Flageul et Jean-Baptiste Cautain pratiquent la gravure à partir du réel, d’expériences sensibles donnant lieu à des créa-tions originales.Les artistes, en résidence artistique au collège Saint-Louis de Saint-Jean-Brévelay y ont installé leur atelier de gravure. Durant six semaines, ils ont alterné des moments de création avec des temps d’ateliers de gravure auprès des collégiens et des résidents d’une maison de retraite. Ce projet intitulé Poétiser son paysagea invité les élèves et les résidents à observer le paysage et à échanger sur leur manière d’y vivre. Par la gravure et par l’écriture, chacun propose son histoire, son regard poétique sur ce paysage.

Marc Couturier

Tutto per tutti

L’installation de Marc Couturier, présentée à l’été 2018 dans la chapelle de Kersuzan, en partenariat avec L’art dans les chapelles, sera maintenue durant toute la saison 2019.

Un paysage in situ réalisé dans le chœur de la chapelle  de la Trinité se déploie en regard du paysage extérieur.

Claudia Flammin

Novembre 2018

Claudia Flammin est une artiste chorégraphique en résidence deux semaines au Domaine de Kerguéhennec pour accompagner le début de la création d'un solo de la danseuse Lucia Citterio.

 

Basée dans le sud de la France, elle travaille sur les danses de lieux depuis de longues années autour desquelles elle a croisé le parcours de Lucia Citterio.

 

« Trouver du sens dans toutes les matières (traces subtiles, mémoires des balades, danses du paysage, textes de Beckett…) que Lucia a accumulées durant sa traversée dans le domaine, les explorer sur un plateau, en extraire une dramaturgie pour qu'elle puisse écrire ensuite la chorégraphie, est le beau travail que je suis venue faire à Kerguéhennec. »

 

 

Thomas Auriol

Octobre - Décembre 2018

 

" Je découpe et traite la peinture en surface pour produire des images étourdies. J’use d’effets séduisants jusqu’à amener la peinture à patiner par moment dans l’artificiel." Thomas Auriol

 

 

 

C’est autour de la question de la projection dans l’espace et sur la collision entre les degrés de perception que vient s’inscrire le travail de Thomas Auriol. À l’origine de l’élan primaire se trouve la matérialisation d’une image par des notes manuscrites ou graphiques dans un petit carnet. Portées au crayon de couleur, les différents éléments sont immédiatement soumis à des rencontres hasardeuses et intuitives. L’incorporation d’une première couche de peinture accentue le composant sensuel de l’assaut initial esquissé. L'utilisation récente de l'aérographe lui permet de dresser de nouvelles rencontres entre des entités plurielles. Les couches successives viennent définir l’ensemble du support où l’attention porte autant sur la trame que la lumière. Conscient de l’importance de chacun des états de composition, il appréhende le caractère transitoire de l’image par le montage de différents plans. Ces différentes phases de travail misent sur la plasticité de la peinture pour établir une mise en lumière d’un traitement de l’image qui rappelle la grammaire numérique. Ce rapprochement met à jour un territoire de filtres, de matières et de phénomènes où il n’est plus forcément question de représenter un objet, un paysage mais de l’envelopper et le parcourir. Thomas Auriol joue sur l’impasse productive du regard, en nous proposant une réorganisation visuelle qui montre sa position autour de la construction de la peinture et de la culture visuelle d’aujourd’hui.  
Texte rédigé par Alberto Arenillas

Expositions hiver 2018-2019

Du 12 décembre 2018 au 10 mars 2019

Léo Delarue

Dans la forêt profonde

 

Léo Delarue a été accueillie en résidence au Domaine de Kerguéhennec à l’été 2018 : « J’ai passé le plus clair de mon temps dehors. J’ai marché, marché dans la forêt, marché le long de l’étang ; j’ai dessiné dans mon petit carnet, ces dessins de marche que j’affectionne particulièrement (…) J’ai laissé venir cette envie de voir profondément, de m’aventurer outils en mains dans le paysage. Ce paysage alors devint intérieur, son organisation, sa structure devint organique (…) Les travaux d’atelier sont différents, l’enjeu est tout autre. De retour de la forêt, il s’agit de réinventer ce qui a été perçu, à la suite de ce qui déjà a été fait, des motifs ou des gestes (…) Ce n’est pas la mémoire mais la sensation de la présence de la terre, des feuilles sèches et des bois morts, des troncs et des feuillages, qui peut alors faire paysage. » 

 

 

L’exposition présentera des suites de dessins et des aquarelles, réalisés sur le motif ou de retour à l’atelier, ainsi que des extraits des carnets de dessins de marche.

Daniel Challe

Malansac, un portrait photographique

 

Cette exposition démontre, s’il le fallait, combien création et médiation peuvent étroitement s’articuler dans certains projets d’éducation artistique et culturelle. L’ensemble des œuvres présentées dans l’exposition a été réalisé dans le cadre d’une résidence à Malansac, où Daniel Challe a résidé durant près de deux mois, en novembre 2017 et février 2018.

 

 

Il y a produit une recherche photographique documentaire qui a pour ambition d’aboutir à un portrait aux multiples facettes d’une commune bretonne en milieu rural : « la photographie contemporaine surreprésente les territoires urbains et leurs habitants, laissant aux marges de la représentation les abandonnés : paysages, bâtis, personnes, lieux laissés pour compte, oubliés, écartés de toute représentation. »

 

 

Ce projet a bénéficié d’une aide individuelle à la création du Ministère de la Culture- DRAC Bretagne.

Thomas Schmahl

Octobre 2018

 

Thomas Schmahl est un réalisateur et artiste contemporain, il est en résidence deux semaines au Domaine de Kerguéhennec pour accompagner le travail de la chorégraphe et danseuse Lucia Citterio. Dans le cadre de cette résidence, ils vont ensemble réaliser une vidéo en dialogue avec les espaces naturels et les oeuvres du domaine.

Lucia Citterio

Septembre - Novembre 2018

" Durant cette résidence le corps est le principal outil de ma recherche.

Promenades / dérives sans but et direction précises, je crée des liens entre mon corps et les différents espaces du Domaine de Kerguéhennec.

 

Je me laisse pénétrer par le paysage en continuelle mutation, j’observe si et comment le paysage modifie la qualité de mon corps.

 

Expérimentation des actions liées au mouvement, je deviens partie du milieu sans prétention de suprématie ou domination et je m'observe bouger dans l’espace cherchant à rencontrer la danse à travers les lieux.

 

Miroir, carte sensorielle, corps-pensée.

 

Je danse le lieu.

 

Des traces subtiles et des mémoires resteront pour ceux qui croiseront mes déambulations et danses, et peut être pour ceux qui passeront après moi.

 

Le mot qui accompagne mes promenades, lectures et pratiques est vide.

 

VIDE: silence, ombre, pause, désert, disparition, absence, occupation, infini, vidange, fluidité, ruine, espace libre, plein.

 

La recherche pendant la residence pourra aboutir à la création d’un solo de danse et d’une video."

Manuela Marques

Septembre 2018

 

"Cette résidence au Domaine de Kerghennec est l’occasion, dans la continuité de mes recherches actuelles, de tenter de capter par l’intermédiaire de supports spécifiques,  différentes situations atmosphériques.

 

L’air, le vent, la lumière, l’eau, sont ainsi convoqués dans ce travail , le domaine devenant ainsi une sorte d’ observatoire, une station d’enregistrements des différents éléments éphémères qui le traversent. "

 

Léo Delarue

Juillet - août 2018

 

" Je me suis préparée à cette résidence en imaginant que j’irais marcher, marcher dans les bois, marcher le long de l’étang, que je trouverais des endroits où poser mon attirail, et que je pourrais dessiner ce que je vois. Dessiner en fouillant du regard un paysage complexe, dans lequel je serais immergée, que je verrais de l’intérieur, que je comprendrais aussi par la concentration et l’abandon dans la marche.

 

Que s’est-il passé ?

 

J’ai passé le plus clair de mon temps dehors.

 

J’ai marché, marché dans la forêt, marché le long de l’étang ; j’ai dessiné dans mon petit carnet, ces dessins de marche que j’affectionne particulièrement. J’avais du temps. Alors ce temps m’a poussé à regarder longuement, à stationner plus que je ne fais d’habitude dans mes carnets de marche. J’ai laissé venir cette envie de voir profondément, de m’aventurer outils en mains dans le paysage. Ce paysage alors devint intérieur, son organisation, sa structure devint organique. Le trait suit, ou ne suit pas, n’invente plus, le regard n’a pas de surplomb. Dedans, l’œil perçoit, capte, se perd, et se reprend, le geste s’abandonne puis se reprend lui aussi, la tension monte et se meurt. Le dessin révèle le temps en suspens, le geste qui ponctue.

 

Marcher quelque fois en me donnant un but, accélérer pour synthétiser et admettre la naïveté du résultat, son charme peut-être.

 

Accélérer encore pour resituer ce qui a déjà été fait, le geste s’emballe, la puissance se révèle là où le temps avait tout ralenti !

 

Courir sur le papier avec la lumière, s’effarer de ce qu’elle suggère puis cèle tour à tour, annihilant tout effort de saisir formes et situations. Les masses se perdent, les contours se dissolvent.

 

Il y a du noir, des traits, des forces, des gris diffus, des proches et des lointains, des coucous qui chantent dans la forêt profonde et font valser les fusains au bout du bâton.

 

Les travaux d’atelier sont différents, l’enjeu est tout autre.

 

De retour de la forêt, il s’agit de réinventer ce qui a été perçu, à la suite de ce qui déjà a été fait, des motifs ou des gestes. Sur de petits volumes en papier ou de grandes aquarelles, ce n’est pas la mémoire mais la sensation de présence de la terre, des feuilles sèches et des bois morts, des troncs et des feuillages, qui peut alors faire paysage. "

 

Yann Esnault

juillet - août 2018

Couleur

Comme virus, se propageant, contaminant le corps du papier,
Recherchant  un  lien organique entre le blanc du papier et la polychromie de  ses pigments.

 

Atelier

Interieur/Exterieur, intérieur, intérieur, intérieur…
Ce qui  libère le geste, tourner autour de la table.
Organisation des espaces pour une danse.

 

Paysage 

Lien évident entre la « pratique »  du paysage et la « pratique » de la peinture.

Parcourir la peinture comme on parcourt un paysage. 

Un paysage d’où je m’abstrais jusqu’à la peinture comme paysage.

 

Glaner

Ce que me permettent les bois, les pierres de rivière, glanés, le paysage glané intégré à l’atelier,  tout en m’imposant leurs contraintes, ne pas tout décider,
C’est leurs formes contraintes qui paradoxalement me donnent plus de liberté.

 

Gestes

Trouver une amplitude, dans le déplacement
La surface blanche.

Chaque peinture comme un nouveau chantier et continuité.
Fluidité verticale, horizontale, les nappes, la coulure.

Ne s’en interdire aucun.
L’inattendu.

 

Peinture

Ramassée et qui s’étend.

L’immersion, la sensation physique d’être dedans, à l’intérieur.
L’importance de la  peinture américaine.
La vase, la peinture dans le marais, eaux courantes, eaux stagnantes.
La rivière et l’étang.
La peinture comme miroir,  reflet et transparence du « paysage peinture ».
« En pleine peinture », comme en pleine mer.

 

 

Le projet de la résidence à Kerguéhennec était de peindre au fil de l’eau, imprégné de l’espace de l’atelier autant que de son environnement paysagé.

 

T.M. Project - Thierry Micouin et Pauline Boyer

Eté 2018

"A l’évocation du site de Kerguéhennec, comme lieu de résidence pour le projet « Corps et Espaces sensibles » c’est en premier lieu la collection des oeuvres du peintre Tal Coat qui a résonné.

Tal Coat est le peintre des éléments qu’il restitue dans ses peintures, ses aquarelles et ses dessins. Chez lui toute chose peut être destinée à l’oubli, au silence.

Mais au milieu du silence, il y a du bruit. De la tectonique des plaques au rayonnement cosmique, notre univers continue de bruisser de ses activités quand l'anthropocène a intensifié ses vocalisations. La première manifestation du vivant est sonore et notre perception s'ajuste à l'intensité de nos milieux. Lorsque John Cage (*) invite les sons du quotidien à pénétrer l'auditorium, il nous engage à considérer la valeur silence corrélativement à son contexte et ainsi, à reconfigurer notre approche du musical en nous impliquant dans la matière brute de nos milieux.

Nous souhaitons proposer au public une expérience immersive au contact des environnements naturels. Expérience à la fois visuelle à travers l’évocation chorégraphique de certains tableaux de Tal Coat, mais également sonore à travers la mise en place d’un processus de captation progressif des multiples états de lieux."

 

Rendez-vous avec FAILLE pour la première de création aux abords du château en espace naturel dans le cadre des Journées Européennes du Patrimoine.

Dimanche 16 septembre à 15h30 - Entrée libre - Réservation conseillée au 02 97 60 31 84 

Pages