Oeuvres praticables

Présentation des œuvres praticables

Le parc de sculptures propose des objets, mobiliers ou in situ, autonomes ou conçus spécifiquement pour un environnement. Ces objets sont proposés à la contemplation et à la réflexion. Au fil des années, s’est aussi posée la question des usages du parc. Que vient-on précisément chercher dans ce lieu ? Les réponses sont diverses mais souvent centrées autour de quelques thèmes assez basiques : manger, se retrouver, jouer, se reposer. Plutôt que d’acheter sur catalogue des tables, bancs, chaises, jeux, un centre d’art se devait de passer commande à des artistes et/ou des designers pour réaliser des créations spécifiques qui, tout en répondant à ces demandes légitimes, signent l’identité du site.

Guillaume Babin (1989 - France)
Se (RE)trouver


2017 - structure en bois, bardage, pieds vernis


L’artiste Guillaume Babin a imaginé en résidence à Kerguéhennec, trois modules intégrés au domaine dans le cadre d’un projet centré sur les usages du parc : Repères/Repaires. Souhaitant surprendre le visiteur dans sa découverte des lieux et l’amener à poser un autre regard sur le parc, il a créé des modules aux formes discrètes, se dissimulant dans le paysage et réalisés avec des matériaux locaux : bois, verre, toile, acier et granit. Ces derniers sont mobiles et s’insinuent dans le parc sans jamais s’y sceller à l’image du visiteur qui traverse le domaine. Ils lui offrent un lieu pour s’arrêter, se re-poser, se re-trouver et échanger.
 

Edouard Sautai (1965 – France)
La Capsule Mobile d’Observation


2010 – Remorque agricole transformée, acier, pin douglas, toile silicone
Dépôt de l’artiste


La Capsule Mobile d’Observation est une œuvre-outil destinée à offrir un regard nouveau sur le paysage environnant. Empruntant l’escalier, le public accède à sa plateforme surélevée qui offre une vue à 360° permettant d’appréhender le panorama. Elle propose au visiteur qui déambule dans le paysage de faire station, lui offrant un lieu de rencontre avec le paysage mais aussi la possibilité de se reposer, de s’abriter d’une averse et pourquoi pas de rencontrer d’autres visiteurs et d’échanger. Dès lors ce point de vue joue le rôle d’un arrêt sur image au cours d’une balade. Cette construction légère permet aussi de prendre le temps de s’extraire du paysage, de prendre suffisamment de distance avec lui pour mieux le regarder.
 

Edouard Sautai (1965 – France)
La Jetée


2020 – Bois de Châtaigner, acier galvanisé, filet polypropylène
Coll. Département du Morbihan


La Jetée est une construction qui prend place dans le vallon de Kerbrevet, un endroit reculé du parc, résultat du lent travail du ruisseau portant le même nom et qui au cours du temps a façonné ce paysage encaissé, boisé, humide et préservé, qui tranche avec la plaine agricole alentour. La Jetée invite au survol de cet écrin de nature sauvage. Depuis le chemin, elle enjambe le ruisseau puis s'avance en surplomb dans ce terrain hostile et comme vierge de toute trace de passage. L'étroite estacade de bois sur pilotis conduit le visiteur au cœur de la clairière. Posé dans cette station d'écoute de la nature, le visiteur lâche prise et s’ouvre aux bruits qui l’entourent : bruissement du vent dans les feuilles, cliquetis de l'eau glissant sur son lit caillouteux, chants d'oiseaux, craquement sec des arbres.