Résidences —

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Baptiste Boiron

Février - Mai 2020

Le compositeur, interprète et improvisateur Baptiste Boiron est de nouveau accueilli au domaine de Kerguéhennec pour une résidence de trois mois de février à mai 2020.

Lors de ce temps de travail, il composera une nouvelle pièce de musique de chambre pour saxophone alto, violoncelle, piano et percussions, Affleure de terre ; consacrée à l'œuvre peint de Pierre Tal Coat. Cette œuvre constitue la deuxième partie du diptyque entamé avec Affleure de pierre, qui était conçue pour le même effectif en résonance avec son œuvre gravée.

Baptiste Boiron travaillera un projet annexe : le trio de jazz contemporain , constitué avec le contrebassiste Bruno Chevillon et le saxophoniste Frédéric Gastard. La création et l'enregistrement du répertoire nouvellement composé pour ce groupe se feront en février dans la salle à manger du château. D'autres projets de compositions sont susceptibles de s’ajouter à ce temps de résidence, comme l'extension du diptyque en triptyque.

 Depuis 2011 et dans le cadre des résidences artistiques au domaine, Baptiste Boiron a composé et créé Affleure de pierre lors des premières journées d'études consacrées à Tal Coat ; participé à la fête des enfants ( 2012) en duo avec le saxophoniste Erwan Salmon ; donné trois concerts avec l'ensemble Chrysalide, en interaction avec les expositions du domaine (2013) ; et composé une série de pièces acousmatiques pour le film d’Illès Sarkantyu Le ciel n'est pas distinct de la terre, consacré à L'œuvre de Pierre Tal Coat (2016).

Inès Cassigneul

Janvier et avril 2020

Inès Cassigneul, jeune interprète, autrice et metteuse-en-scène, est accueillie en résidence au Domaine de Kerguéhennec dans le cadre d'un partenariat avec les Archives du Morbihan. Après avoir plongé dans l'inestimable fond privé du département, elle recompose la véritable histoire de Jeanne-Vincente de la Caunelay, marquise bretonne au temps de la Révolution Française. Pour l’occasion, 4 domaines privés ouvrent leurs portes au printemps 2020 afin de vous permettre de découvrir le parcours exceptionnel de cette femme et de contempler quelques trésors cachés du patrimoine morbihannais.

 

Dim. 3 mai (date reportée) : Lignol - Château de Coscro
Dim. 17 mai (date reportée) : Quelnec - Château de la ville-Queno
Dim. 7 juin (date reportée) : Loyat - Château de Loyat
Dim. 21 juin (date reportée) : Sarzeau - Château de Kerlevenan

Cathryn Boch

Novembre 2019 - Mars 2020

 

" Je trace à la machine à coudre des lignes qui percent le papier, j’envahis la surface de fils, je maltraite, je dissèque, je greffe, je confronte, je raccommode, je déborde toutes sortes d’écritures de territoires, de transcriptions d’espaces, de cartographies. Des cartes routières, des cartes maritimes, topographiques, géologiques, des atlas, des plans de ville, des photographies aériennes ou de presse. Je vois des résonnances entre le macrocosme des cartes et le microcosme du corps.

 

Dans un rapport physique avec la matière, entre les cartes et les proliférations de fils, émerge un environnement en pleine mutation.

 

Quelque chose de vivant-changeant-mouvant.
Une sorte de paysage-corps.

 

Je cherche des possibles dans ces mutations, quelque chose pourrait être… Peut-on transformer le monde avec un déjà-là ?

En engageant le potentiel des cartes, je fouille les mondes multiples que nous habitons et dans lesquels nous agissons. Nous sommes les habitants de ces lieux où ça devient. C’est le titre que je donne à mes recherches…

 

Comment habiter la diversité des mondes ? De quels mondes voudrions-nous être l’hôte ?

Un hôte à la fois habitant et abritant ; habitant et abritant en pensées, en rêves, en conscience, en utopies, en actions, en engagements… Comment le corps est noué à un certain monde, quelles relations un corps noue avec son environnement ? Est-ce qu’un lieu nous dit un corps ? " 

 

Cathryn Boch

Claire Colin-Collin

Septembre - Décembre 2019

 

"Je viens à Kerguéhennec avec le fantasme d'y faire ce que je ne peux pas faire "le reste du temps" : peindre sans limitation de durée. Me reposer, dessiner, marcher, replonger dans les carnets d'atelier pour leur donner enfin forme. Regarder longtemps l'espace de ciel entre les feuilles… (Mais que sais-je, que puis-je savoir avant ?)

Un temps - un séjour - ailleurs - qui me permet de sortir de la ville pour me plonger dans une nature inconnue et dense. Je n'ai pas vécu ça depuis les années dans le Verdon. C'est là-bas que j'avais senti combien la complexité de la nature nourrissait mon regard, plus amplement qu'un paysage construit par les humains.

Ce n'est pas tant ce que je fais en peinture qui change, qui évolue, mais le regard que je porte dessus : ce que j'arrive à voir, ce que mon regard est capable de percevoir, au-delà de la perplexité.

Donc j'espère que ma peinture s'infusera de ce paysage, des lumières, des arbres et des fougères. Et de cette solitude particulière avec eux.

J'y pense en faisant des longueurs de piscine où une nageuse a un tatouage qui a attiré mon regard car les boucles de l’écriture bleutée jouent avec le dessin de son épaule. Ça me donne envie de voir ce que deviendrait un tatouage sur une peau qui se ride, se plisse, jusqu'à perturber son dessin initial. C'est peut-être aussi quelque chose comme ça que je chercherai là-bas, en peinture."

Anne-Lise Broyer

Août, septembre 2019

Séjour 2 et 3
Notes d’un journal de travail…


Revenir dans un lieu comme ce Domaine, c’est retrouver son pas, son souffle.
C’est retrouver une cadence lente, celle qui permet d’observer le silence, vivre dans la nuance et capter les bruissements. Eugène Guillevic et Élisée Reclus m’accompagnent en chemin.
Les fougères
Ne regardent pas
Vers l'horizon.
(E.G.)
C’est vivre dans le temps du vert, du vers… le poème. Bernard Noël dans Une Machine à voir, un monde où le mental et le réel sont confondus de telle sorte que nous retrouverons l’immanence des choses.
Je cueille encore : bouquet troisième et quatrième, comme une collection. Je les regarde mourir et m’attache à ranimer par le dessin, la moindre feuille, le moindre pétale du premier.
Il s’agit de traduire une expérience du paysage, une déambulation dans un lieu ouvert, dans un espace clôt. Je compte mes pas et tente de ramener ces longues promenades à l’échelle du lieu d’exposition afin que l’amplitude de ces marches soient perçues, ressenties, vécues par le visiteur.
Chaque fougère
A son aventure.
(E.G.)

Frédéric Messager

Juillet, août 2019

Résider

Projeter l’atelier « hors sol », un point de chute dans l’étendue.

 

Traverser les espaces, mesurer les distances, éprouver le temps, attentif aux murmures des lieux, aux ombres équivoques, aux matières rencontrées.  

Percevoir par capillarité  un monde déjà commencé,  le déplacer dans l’atelier, le cristalliser au  travers de gestes et de formes pour nourrir les bords mouvants de mon travail.

 

Le temps se creuse par les actes :

 

Déployer des lignes croissantes, guider des coulures d’encre sur le papier,

froisser pour former, assembler des fragments de matériaux glanés çà et là, déchirer pour soustraire ou révéler.

 

Les tracés au stylo, les taches pigmentées manigancent les hasards d’un temps fondateur.

Ma cosmogonie se dessine dans des occurrences, dans des choix plastiques d’équivalences, entre maîtrise des outils et maladresse, combinaisons d’éléments graphiques habituels ou accidentels.

Mes interventions sur les surfaces affectionnent la répétition de traits, de motifs inconstants.

Les conjonctures rendent possible l’événement.

 

Chaque jour, mes dessins s’imaginent au loin.

Christophe Robe

Juillet, août 2019

Mon travail plastique pourrait s’énoncer comme la recherche, la découverte, - via les outils de la peinture et du dessin, et plus récemment la fabrication de micro sculptures - , de ma perception du monde. Sans peinture je suis en incapacité en quelque sorte à imaginer mon rapport au monde. En cécité.

 

 

En d’autres termes, quelle serait la représentation picturale possible de l'endroit, de l'espace mental et physique de ma relation au monde. Ou plus précisément, peut-être, comment rendre visible la trace mnésique de cet espace étrange entre moi et le monde, cet espace poreux, cette porosité même qui tisse inévitablement une relation faite d'imagination, de mémoire intime et culturelle, de frottement tant physique que mental avec ce et ceux qui m'entourent.

 

 

C’est à ce projet, fait de peinture sans projet, que je suis fidèle.

 

 

Christophe Robe

Juillet 2019

Anne-Lise Broyer

Avril 2019

Notes d’un journal de travail…
Kerguéhennec — Séjour 1

 

 

Être en résidence, c’est habiter un lieu… si ce lieu est une forêt, c’est habiter dans les arbres.
C’est donc habiter un dehors, une maison ouverte. Un abri, un refuge dans un monde abîmé. Ici le printemps ne s’est pas encore tu. Les oiseaux chantent encore alors qu’ailleurs « rien ne chante plus et tout est bien chantage. »
Aujourd’hui l’Europe bascule dans le brun, je veux croire au vert et la beauté des choses.
Dans les bois l'œil se perd, bute sur un tronc et retrouve l'ouverture d'un chemin, le plein cadre. L’œil se pose à l’horizon puis repart dans cette palette infinie du vert. Rousseau voulait « faire un livre sur chaque mousse des bois », Humbolt s’autorisait la combinaison de la science et de la littérature, il reliait « le lichen et la galaxie. »
C’est que tout compte infiniment.
Être en résidence, c’est être en retrait, à l’écart, c’est être dans son geste et seulement lui.
Je lis Nos cabanes de Marielle Macé, 80 fleurs de Zukofsky, Le détail du monde de Romain Bertrand, La machine à voir de Bernard Noël… « L’espace du regard, c’est le visible, mais cet espace n’est-il pas le pendant extérieur de celui que nous qualifions de mental ? »
J’ai cueilli ce matin des carottes sauvages :
« Guipure infiniment-herbeuse orbes embrasés yeux
illuminent capitules blancs plats dentelle
centres pourpres nombreuses petites fleurs (…) »
Zukofsky
Elles rejoindront le bouquet second, qui s’endormira comme le premier et pourrira. Le dessin leur rendra leur superbe, le désastre derrière, comme une plaie « pensée ».
...

Claudia Flammin

Novembre 2018

Claudia Flammin est une artiste chorégraphique en résidence deux semaines au Domaine de Kerguéhennec pour accompagner le début de la création d'un solo de la danseuse Lucia Citterio.

 

Basée dans le sud de la France, elle travaille sur les danses de lieux depuis de longues années autour desquelles elle a croisé le parcours de Lucia Citterio.

 

« Trouver du sens dans toutes les matières (traces subtiles, mémoires des balades, danses du paysage, textes de Beckett…) que Lucia a accumulées durant sa traversée dans le domaine, les explorer sur un plateau, en extraire une dramaturgie pour qu'elle puisse écrire ensuite la chorégraphie, est le beau travail que je suis venue faire à Kerguéhennec. »

 

 

Thomas Auriol

Octobre - Décembre 2018

 

" Je découpe et traite la peinture en surface pour produire des images étourdies. J’use d’effets séduisants jusqu’à amener la peinture à patiner par moment dans l’artificiel." Thomas Auriol

 

 

 

C’est autour de la question de la projection dans l’espace et sur la collision entre les degrés de perception que vient s’inscrire le travail de Thomas Auriol. À l’origine de l’élan primaire se trouve la matérialisation d’une image par des notes manuscrites ou graphiques dans un petit carnet. Portées au crayon de couleur, les différents éléments sont immédiatement soumis à des rencontres hasardeuses et intuitives. L’incorporation d’une première couche de peinture accentue le composant sensuel de l’assaut initial esquissé. L'utilisation récente de l'aérographe lui permet de dresser de nouvelles rencontres entre des entités plurielles. Les couches successives viennent définir l’ensemble du support où l’attention porte autant sur la trame que la lumière. Conscient de l’importance de chacun des états de composition, il appréhende le caractère transitoire de l’image par le montage de différents plans. Ces différentes phases de travail misent sur la plasticité de la peinture pour établir une mise en lumière d’un traitement de l’image qui rappelle la grammaire numérique. Ce rapprochement met à jour un territoire de filtres, de matières et de phénomènes où il n’est plus forcément question de représenter un objet, un paysage mais de l’envelopper et le parcourir. Thomas Auriol joue sur l’impasse productive du regard, en nous proposant une réorganisation visuelle qui montre sa position autour de la construction de la peinture et de la culture visuelle d’aujourd’hui.  
Texte rédigé par Alberto Arenillas